Thierry et Thomas Sibille !

Une somptueuse botte de Nevers pour ce tandem de choc.
Et une Debusschere vaut bien un Lagardère !

SIBILLE 1-3

Allez, je vais me faire plaisir en vous rappelant nos romans d’enfance (enfin surtout pour les hommes), vous souvenez- vous du chevalier de Lagardère, le symbole de la cité nivernaise ? Vous n’avez pas pu oublier (sauf si vous êtes de la génération Star War) la botte de Nevers, l’art et la manière d’amener l’adversaire dans une situation prévue par le donneur de botte. Elle a la capacité d’agacer l’adversaire, à l’obliger à attaquer pour se défendre et finir par la botte sacrificatrice. C’est alors que Lagardère déclame : «  Qui que tu sois ta main gardera ma marque. Je te reconnaitrai et quand le temps sera venu, si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! »

Tout ceci pour vous parler, un brin littérairement du concours NEVERS AWC du 17 juin, concours général des ralliantes wallonnes avec un très beau contingent de 10.701 pigeons, qui couronne deux valeureux Wallons.

- Armand Motte de Godinne vainqueur sur 4.704 vieux.

- Thierry et Thomas Sibille de Courcelles premiers sur 5.997 yearlings, plus grande vitesse du concours, avec une adorable femelle au pédigrée fastueux.

Très belles prestations de nos deux vainqueurs. Mais  aussi, remarquable parcours de Thibaut-Boons de Sombreffe qui classe 3 yearlings dans les cinq premiers du classement ! Mêmes résultats spectaculaires d’Alain Thonon de Cortil qui place 4 vieux dans les six premiers.

Je me suis donc invitée chez Thierry et Thomas Sibille deux Courcellois bien connus des milieux colombophiles d’ici et d’ailleurs (surtout d’Espagne et de Ténériffe où ces deux-là sont les références suprêmes, un peu comme les Colson, père et fils au Portugal !). Je l’avais déjà mentionné dans un article sur les pigeons de Ténériffe, les champions de vols sur mer.

J’ai été agréablement surprise pas l’environnement «  bio »  des pigeons Sibille, de fort jolis petits colombiers plantés dans un magnifique jardin qui sent bon le romarin et le thym. Super bien ventilés, alors que le thermomètre affiche 31°, on ne sent pas la chaleur extérieure. Ses pigeons ne craignent pas les intrus et c’est à peine s’ils s’envolent lorsque quatre personnes bruyantes rompent la quiétude de leur colombier. Une remarque importante, ces pigeons pètent la forme, tous, sauf un éclopé qui s’est abîmé l’aile. Pourtant les Sibille n’en démordent pas, AUCUNE  CURE n’est administrée à leurs voiliers du ciel, les vaccins obligatoires c’est tout et…..des produits phytopharmaceutiques qu’ils portent aux nues et qu’ils ont dénichés à Fugare. Ajoutez à cela des visites vétérinaires toutes les 3 semaines pour 6 pigeons qui subissent un examen complet et un antibiogramme strict, et …. volez jeunesse ! Ils affichent tous une grande distinction de forme.

Et la voilà,  la petite merveille yearling qui a battu 5.996 concurrents, fringante, belle comme le jour avec cette délicate morille qui orne un bec court et parfaitement dessiné. Un ramage superbe de bleu irisé d’une touche émeraude qui scintille au soleil comme des pierres précieuses, une douceur de plumage remarquable, de la soie la plus suave, une aile effilée et bien structurée. Une robe digne de Givenchy et Saint-Laurent réunis.  Sa ramure est soyeuse, lisse et étonnamment brillante. C’est sans doute grâce à cela qu’elle a ainsi fendu si facilement et rapidement (1291,2234m/min), l’espace de Nevers à Courcelles  (394,628 km), un plumage surabondant et gras qui dénonce, aux dires des experts, un sang «  riche », un bon sang certainement. Cette petite femelle-là à tout d’une grande, peuchère !

Si vous y regardez de plus près, elle semble avoir un seul défaut qui est une qualité de fait, elle a les yeux des Gaby Vandenabeele ! Parce que cette damoiselle est issue de cette noble lignée, et quelle lignée, son ramage ressemble à son  lignage ! J’avoue que je n’aime pas les yeux des GVA, mais c’est perso. Je ne suis certes pas une spécialiste ni alaire comme mon ami Jacky Hardy, ni de l’œil comme les colombophiles arabes qui ne jurent que par l’œil du pigeon. Rappelons aussi John Lambrechts (1) qui est à l’origine d’un écolage de l’œil et d’un livre remarquable que m’a offert un autre ami colombophile Francis Petit que je remercie encore. Selon certains vétérinaires,  il pourrait y avoir corrélation entre l’iris et les facultés d’orientation. Pour le docteur Von Péczely, l’iris fournit la surface de projection des propriétés organiques. Et je ne vois franchement pas ce que cela a de si hérétique parce que,  pour les hommes, l’examen du fond de l’œil  est un examen qui renseigne sur tout l’état du corps humain et mieux,  son devenir. Bref, notre major de promo a les yeux GVA ! Oh Gaby, Gaby, tu as les yeux révolver, tu as le regard qui tue et tu seras la première ! (rire)

Notre belle a une histoire, mais tous les pigeons ont une histoire, certains possèdent même un historique, c’est le cas de notre belle et rebelle pigeonne. Je dis rebelle parce que cette pigeonne-là semble ne rien faire comme les autres sinon de revenir excellemment et promptement en son pigeonnier, pas pour un mâle, pas pour des jeunes, non cette rebelle s’accouple après le concours ! (rire)

Comme dit très judicieusement Thierry Sibille : «  celui qui croit qu’il connait les pigeons, se trompe, on ne connait rien des pigeons de fait, et celui qui dit le contraire est un menteur !  ». J’ai aussi fait mienne cette assertion depuis longtemps.

 

Laissez-moi vous conter son histoire à la Debusschere.

Prenez 4 œufs ! (on dirait le début d’une recette, rire !)

Mais pas n’importe quels œufs hein, ceux que Roger  Debusschere de Lokeren donna un jour à Thierry Sibille en remerciement d’un service rendu. Service de colombophile, l’excellent amateur Debusschere avait perdu à son grand dam une flopée de pigeons, victimes de rapaces près de son colombier. Il avait tout essayé sauf… les boules stroboscopiques bien connues des amateurs de dance floors qui ont la particularité d’endiabler les soirées torrides et… de faire fuir les rapaces en reflétant la lumière du soleil de manière saccadée, et ils s’enfuient à tire d’ailes. Une méthode qu’utilisent depuis des années Thierry et Thomas Sibille. En reconnaissance,  cet amateur de Lokeren , bien connu aussi des prix de têtes, donna aux Sibille quatre œufs issus du top de son colombier qui engendreront 4 pigeonneaux d’une mère 100% Gaby Vandenabeele et de Brother Marnix un frère de nid de super Marnix, best of Belgium Limoges racer 2012,2013,2014 et 2015 !Toute la lignée maternelle est de la ligne GVA mâtinée de Maurice Casaert une fort intéressante hybridation. Ces 4 pigeonneaux eurent un destin bien différent, notre championne fut accouplée à un de ses frères de nid, mais celui-ci ne revint pas d’un concours, ce qui ne perturba pas trop notre jeune veuve joyeuse, ceux qui ne reviennent pas chez les pigeons ont toujours tort ! On la mit alors avec les pigeonneaux et notre belle cougar… se remit en ménage illico  avec un jeunot juste après le concours de Nevers, le goût de la victoire  sans doute ! (Rire)

Une bien courageuse petite yearling, je vous en fais juge, un palmarès de championne déjà !

SIBILLE 1034846-16-2

BE-1034846-2016

“La Debusschere”

1 S/Nat Nevers 5997 P

2017

Nevers 14/05/17 394 Km : 39/1108 Prov 

Vierzon 20/05/17 397 Km :   4/  214 Prov

                                                472/4854 Inter Prov

Bourges 04/06/17 399 Km :  35/641 Entente

                                                    39/1720 Prov

                                                    96/3554 Inter Prov

                                                  104/3799 S/Nat

Macon 10/06/17 459 Km :  35/1691 Prov

Nevers 17/06/17 394 Km   1/1050 Entente

                                                 1/2644 Prov

                                                 1/3283 Int Prov

                                                 1/5717 AWC

                                                 1/6077 S/Nat (Fastest 10.700 Pigeons)

Original : Roger Debusschere

Gaby Vandenabeele x Leutenez Marnix

 

Le mot de la fin : La Debusschere vaut bien un Lagardère et, comme lui, si tu ne viens pas à la Debusschere, la Debusschere  reviendra, elle,  toujours à toi ! (rire)

 

Marie Claire Cardinal.

 

1-     Le langage des yeux de John Lambrechts édité en néerlandais par Maarten Kluwer’s international à Anvers.

 

SIBILLE - PEDIGREE IOK-1SIBILLE 2-4

 

Une belle aile, bien équilibrée au fuselage parfait !

 

SIBILLE 3-5 

Et voilà l’œil GVA ! Pour les spécialistes pas le top mais pragmatiquement les meilleurs pointeurs en concours !