Question du mois: Comment faire le bon choix?

            Nous approchons de la date des élections. Le mandat actuel s'arrêtera en 2018, soit très bientôt. C'est avant tout le moment de faire un premier bilan.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'y a guère de contestation à son sujet; il est lamentable, il est infect; il révèle un manque de communication, de crédibilité et de confiance.

Comment faire confiance à des mandataires qui torpillent les droits les plus fondamentaux? Comment pourrait-on cautionner les dernières prises de position unilatérales? Nous devons absolument battre le clou pour qu'un scénario  semblable ne se reproduise plus jamais.

Pour revenir sur le pauvre bilan de ces dernières années, retenons seulement quelques chiffres. Le nombre d'amateurs est passé de 24.410 à 21.885 en 2016, soit une perte de 12%. Dans le même temps, nous sommes passés de 638 à 566 locaux d'enlogement, soit également une perte de près de 12%. Ces chiffres sont une réalité de terrain. Malheureusement, nos mandataires ne s'en émeuvent pas puisque rien n'est fait pour inverser la courbe.

Quelles sont les causes de cette désertification?

Elles sont connues depuis très longtemps. La moyenne d'âge des amateurs encore actifs est de plus en plus élevée. Les jeunes ne prennent pas la relève car, d'une part, rien n'est fait pour les amener à connaître notre sport, puisque la propagande est inexistante, et d'autre part, pour les motiver par des incitants financiers ou autres.

Le découragement des amateurs est également lié au manque de réaction de nos mandataires concernant des sujets qui ressortent chaque année, comme le problème de la grippe aviaire où nous sommes quasi les seuls à devoir confiner nos pigeons dès la moindre alerte, comme les rapaces qui obligent les amateurs à enfermer leurs pigeons pratiquement la moitié de l'année. La colombophilie, ce sont les concours, mais aussi le plaisir de voir voler ses pigeons, même en dehors des compétitions. Pensons également aux annonces obligatoires qui constituent un frein à jouer les grandes compétitions; aux frais de plus en plus élevés, et ce n'est pas l'entrée en jeu de la Wprol qui changera la donne, bien au contraire.

Si nos dirigeants actuels n'ont pas été à la hauteur, dès lors qui mettre?

Un mandat, c'est avant tout la confiance qu'un électeur donne à un candidat. Être élu, c'est respecter l'engagement pris; ce n'est pas se sentir au-dessus des lois. Il n'est jamais question de donner carte blanche à un candidat élu. Tôt ou tard, il devra rendre des comptes.

Je lisais dernièrement le livre ''Le dernier qui s'en va éteint la lumière'' de Paul Jorion, un essai sur l'extinction de l'humanité. Ce titre est assez révélateur pour le monde colombophilie qui se meurt à petit feu. On peut y lire: ''Les juristes romains avaient très bien saisi qu'il y a trois dimensions à la propriété: usus, le droit d'utiliser le bien dont je suis propriétaire, fructus, le droit d'utiliser ses fruits, abusus, le droit de détruire ce dont je suis propriétaire''. Cette trilogie de la propriété est toujours bien présente. Toutefois, il ne faut pas oublier que les élus ne sont pas propriétaire, mais locataire du siège qu'ils occupent. Aussi, le troisième principe ne peut les concerner. Ils ne peuvent détruire l'arbre sur lequel ils sont. Quant aux deux premiers principes, nous dirons qu'ils peuvent utiliser le bien et ses fruits dans le seul but d'apporter un plus aux amateurs par lesquels ils ont été élus.

Qui élire?

Là est toute la question. D'une part, nous avons l'envie de dire que l'ensemble des mandats doit être renouvelé car, comment encore faire confiance à des gens qui nous trahissent depuis 4 ans, y compris nos mandataires wallons qui n'ont aucune retenue lorsqu'il s'agit d'écarter un candidat gênant, à l'occurrence Jean-Pierre Goffart.

Malheureusement, nous vivons dans un monde qui nous laisse que très peu de choix. Prenez par exemple les dernières élections aux Etats-Unis avec Trump et Clinton, ou en France avec Macron et Le Pen. Des choix qui n'en sont pas. Les électeurs se sont abstenus ou ont voté sans aucune conviction pour le candidat qui leur paraissait le moins mauvais. Est-ce cela que nous voulons lors des prochaines élections colombophilies? Certainement pas, et pourtant, nous risquons d'être dans le même travers. Aussi, le mot d'ordre serait de se mobiliser pour trouver des candidats dignes de confiance, des candidats qui pourraient faire avancer les choses, des candidats de terrain, loin de la tour de verre, des candidats qui auraient du poids pour faire changer les choses dans le bon sens.

Pour revenir sur le livre dont il est question plus haut, pour savoir les raisons pour lesquelles l'humanité va à sa perte, c'est la trop grande confiance qui prime. Comme dit l'auteur: ''Après moi le déluge''. Il est plus aisé de refiler la patate chaude aux suivants, de laisser pourrir la situation au risque de non-retour possible. Nos dirigeants sont dans le même état d'esprit. Non seulement, il n'envisagent pas l'avenir, mais ils la torpillent.

            Demain, au lendemain des élections, ne venez pas dire que tout est pourri, que les élus sont incapables. C'est aujourd'hui qu'il faut être vigilant pour notre avenir. Chaque candidat doit s'inscrire dans une feuille de route constructive et qu'il devra tenir. Nous devons pouvoir interpeller nos mandataires, et le cas échéant, demander leur démission en cours de mandat.

L’écœurement est à son comble lorsqu'on lit le mail de Jean Delstanche demandant une assemblée générale extraordinaire et lisant la réponse sans équivoque du président de la RFCB: ''Votre demande n'est cependant pas conforme aux Statuts'', et de mentionner le dit article 24. L'heure n'est-elle pas assez grave que pour faire bouger les choses? Faut-il se cacher indéfiniment derrière quelques lignes de texte? C'est là faire preuve d'un manque de clairvoyance caractérisé. Le navire sombre et, soit vous ne le voyez pas, soit vous vous foutez. Dans un cas comme dans l'autre, c'est de l'irresponsabilité.

M Philippe