Pigeon d’exception : Le BORDEAUX de Pierre Philippens.

Pigeons d’exception : leur histoire.

Chers amis lecteurs, derrière ce titre se retrouve une nouvelle rubrique dans votre journal colombophile préféré. Intitulée « Pigeons d’exception », elle vous présentera à un rythme régulier toute une série de pigeons qui ont marqué l’histoire de la colombophilie, soit par leur résultat extraordinaire soit par leur production remarquable soit par les deux. Ces pigeons nous permettront de voyager parmi l’histoire colombophile car j’espère pouvoir vous présenter des voiliers qui ont marqué leur époque. A côté des renseignements techniques des pigeons mis en évidence, on essaiera de vous raconter l’une ou l’autre anecdote concernant ces vedettes de notre sport. Afin de rendre cette rubrique la plus complète possible, nous avons également besoin de vous. Si vous estimez qu’un de vos voiliers mérite d’être présenté, n’hésitez pas à me contacter sur jeanlouisjanne@hotmail.com et je vous transférerai un petit questionnaire qui m’aidera à mettre en évidence le crack. Cette rubrique ne se limitant ni dans le temps ni dans l’espace, j’espère pouvoir vous présenter des pigeons de tous les pays. La semaine prochaine, le premier pigeon d’exception sera le Bordeaux, pigeon de 1977, appartenant à Pierre et Patrick Philippens de Fourons.

 

Pigeon d’exception n° 1 : Le BORDEAUX de Pierre Philippens.

C’est à Fourons que nous rencontrons le premier pigeon d’exception de notre nouvelle rubrique. En effet, Pierre et Patrick Philippens ont eu le bonheur de posséder un crack extraordinaire qui s’est révélé ensuite un reproducteur hors pair, le fameux Bordeaux. Sa bague métallique portait le numéro 1065420 et il était né en 1977. Dans son pedigree, on remarque qu’il est le produit de deux pigeons de souche différente mais qui ont la particularité tous les deux d’être des consanguins. De plus il est utile de remarquer que le Bordeaux a été élevé hors de 2 yearlings.

Bordeaux Philippens

Son pedigree :

Père : 438135/76, direct Gilmont de Houdeng. Petit-fils du premier national Limoges yearlings’70, le fameux Lem. Ce Lem était issu du Bleu Van Bruane et de la Gorin.

GP : 444386/73, tardif du Lem, issu directement du 1 Nat Limoges’70

GM : 444389/73, la Frazette du Balafré, issue du Balafré, propre frère du Lem, 1 Nat Limoges’70

Mère : 36114/76, directe M Englebienne de Forchies, consanguine sur le célèbre Milord, 1 Nat Bourges’74

GP : 24041/75, fils du Derby, crack à toutes les distances et d’une sœur de Milord, 1 Nat Bourges’74

GM : 24283/75, fille du Libertaire (frère du Milord) avec une fille du Gros Bleu de 67.

Remarquons que les Gilmont et les Englebienne faisaient partie du gratin colombophile dans ces années que les plus jeunes ne connaissent pas.

Le 1065420-77 a été un véritable crack dans le fond, remportant 8 prix de 8 engagements dont

7 prix dans les 31 premiers nationaux.

A l’époque, on exploitait plus prudemment les pigeons, c’est pourquoi le Bordeaux est encore parvenu à remporter deux prix dans le grand fond à l’âge de 6 ans.

Palmarès de grand fond :

7x top-31 national de seulement 8 engagements (prix à Bordeaux en 1980 avec grand vent)

1979 : 8e international Bordeaux (812 km) – 4e pigeon belge

1980 : 21e national & 28e international Perpignan (925 km)

1981 : 14e national Saint-Vincent (953 km)

1982 : 31e national & 69e international Pau (950 km)

1982 : 4e national Saint-Vincent (953 km)

1983 : 9e national & 29e international Pau (950 km)

1983 : 19e national Saint-Vincent (953 km)

Après cette carrière remarquable dans les concours internationaux, le Bordeaux fut tout logiquement placé à la reproduction. Et là, il devint un producteur extraordinaire dont les descendants ont permis à la colonie fouronnaise de briguer les titres dans les championnats les plus importants. Voyez plutôt.

Sa descendance

7 ou 8 de ses fils se sont classés dans les 100 premiers (inter)nationaux.

Le pigeon de base n° 2 de la colonie Philippens est le « Tramontane », 1er pigeon olympique fond à l’âge de 7 ans. Il est issu d’un fils x une petite-fille de « Bordeaux ».

Le « Tramontane » est père du « Mont Ventoux I », 1er nat. contre-la-montre, et grand-père de 11 premiers provinciaux dont 2e nat. Bourges et 3e nat. Irun (1003 km).

Le premier noctambule en Belgique était aussi petit-fils du « Bordeaux », notamment le « Nightflyer », 1er national Cahors 1988 avec 2,5 heures d’avance !

Anecdotes

Maintenant que vous connaissez un peu mieux ce premier pigeon d’exception, permettez-moi de vous raconter quelques « anecdotes » sur le Bordeaux.

Au Bordeaux de 1979, il est officialisé vers 22 h. (seulement 10 pigeons le même jour).

Les autres six concours de grand fond, aucun pigeon le jour même.

A son 2e Saint-Vincent, il a une avance de 2 heures pour Liège et Limbourg (+ de 1.000 pigeons) et est battu par 3 pigeons de Flandre occidentale (de moins d’une demi-heure).

A son 3e Saint-Vincent, c’était le plus difficile concours de l’histoire avec aucun pigeon à 800 m/min. Lâché par canicule le samedi à 11 h, le premier national est dans les Flandres vers 15 h. et le « Bordeaux » à 18 h. 23. N’ayant pas compté la somme misée sur lui (Pierre avait donné un chèque blanc à Joseph Rasquinet), Pierre s’est rendu compte après la rentrée du « Bordeaux » qu’il avait misé la somme de 52.000 FB pour une recette de 325.000 FB ! Nous étions dans les années 80, une petite fortune.

Je tiens à remercier Patrick Philippens pour les informations qu’il m’a fournie, me permettant de vous présenter ce pigeon exceptionnel.

JLJ