Le seul et dernier colombier de Paris!

Et pour mes lecteurs fidèles et même infidèles, voici le SEUL et DERNIER colombier de PARIS !!!!

C'était un petit pigeonnier

Qui sentait bon le Métropolitain,

Qui sentait bon le bassin parisien

C'était un petit colombier

Avec un rouge-gorge dans son sapin

Avec un homme qui faisait son jardin

Au fond du parc floral de Vincennes.

Voilà, j’étais à Paris pour une remise des prix littéraires (pas pour moi hélas ! rire) et je n’ai pu m’empêcher… d’aller visiter un colombier.                                                                                                              Il faut dire que j’ai vainement cherché des vestiges colombophiles sur Paris, ville qui a été au centre des techniques d’acheminement du courrier par pigeons voyageurs lors de son historique siège en 1870, mais, les seuls vestiges qui subsistent de cette héroïque participation sont exposés au musée de la Poste à Paris, musée en cours de rénovation et fermé jusqu’aux calendes grecques, je le crains !

Comme est aussi fermé au public le musée militaire colombophile du Mont Valérien !

J’ai donc pris rancart avec les " ailes portugaises "  (ne riez pas cette entente colombophile existe dans le secteur est-sud-est de Paris !), non, avec Antonio Malheiro du Parc Floral de Paris sur conseil du «  propagandiste » de la 21ème région Monsieur Yvan Morel.

Je n’avais pas très bien compris de fait, que le colombier de Monsieur Malheiro se situait DANS le parc floral, je croyais que le parc floral était son lieu de travail et qu’il m’y donnait rendez-vous.

C’est donc par une merveilleuse après-midi de l’été indien parisien que je rejoignis Messieurs Morel, Lopes et Malheiro au parc floral de Vincennes pour un weekend festif de foire des jardins (publics) dans lequel ils tenaient un stand dédié à la colombophilie en général.

C’est que les Français ne lésinent jamais sur l’approche didactique de la colombophilie et c’est une grande qualité ! C’est toujours avec émerveillement quand je vois les petites têtes blondes se pencher sur les pigeons, les toucher, rire et poser de nombreuses questions aux volontaires colombophiles présents. C’est passionnant, innovant et, qui sait ? Peut—être que cette démarche déclenchera des vocations colombophiles dont le sport a bien besoin !

La France compte donc, pour rappel, quelque 11000 licenciés dans l’hexagone (plus ceux de la Réunion, de petits nouveaux, dont je vous reparlerai avec plaisir…), organise plus de 600 compétitions par an (plus les internationaux qui se lâchent sur son beau territoire !), s’échelonnant entre 100 et 800 km.

La région qui nous occupe ce jour est la 21ème région dite d’île de France, elle regroupe environ 6000 pigeons et peut compter sur une participation active de 380 membres dont UN SEUL sur la capitale de PARIS!!!! La région se compose de quatre secteurs regroupant plusieurs ententes, l’entente est, sud-est, le groupement nord-est, le sud-ouest secteur est. C’est l’entente le rapide du Parc Floral de Paris avec son président Antonio Malheiro qui m’accueille ce jour dans cette merveille de Parc Floral qui expose une collection impressionnante de Bougainvilliers de toutes couleurs, sortes…..

Si vous aimez les personnalités hors du commun, ecce homo ! Cet Antonio Malheiro est tout à fait hors-norme et extraordinaire, des colombophiles comme je les aime (par ailleurs, je ne parle jamais que de ceux-là ! rire)

Un dynamisme inouï ! Pensez, notre homme travaille au Parc Floral de Paris et c’est sur son lieu de travail (un endroit exceptionnel) qu’il a bâti son pigeonnier, et quel pigeonnier ! Une vraie merveille, qui côtoie les plus belles plantations de Dahlias de la République, hyper bien ventilée (huit ventilateurs fonctionnent en permanence, sans compter de nombreuses sources d’aérations naturelles) et construite sur mesure pour ses pigeons, de la toute haute couture. Là, dans un écrin de jardins à la française, s’ébattent plus de 270 pigeons, toutes des gloires nationales, aux dires d’Antonio.

C’est fièrement qu’il exhibe son « bon à rien » comme il le nomme affectueusement. Celui-là raconte-t-il, il l’aime parce qu’il n’est bon à rien en compétition, il revient toujours, mais pas dans le peloton de tête, à son aise quoi, après le passage du camion balai, mais toujours depuis 2008. En revanche, ce père peinard est un excellent reproducteur, associé à une femelle des plus compétitive (qui a gagné le Dax, entre autres), les jeunes issus de ce géniteur sont exceptionnels et lui ont valu des bagues d’or en pagaille. Il montre aussi cette top- femelle qui n’est pas à son avantage (la mue a commencé ses ravages !), mais qui a un des plus beaux palmarès de l’hexagone, elle aussi est née en 2008.

Ces pigeons vivent et meurent dans leur colombier magnifique, ici on ne se sépare pas d’un pigeon et…. on les joue TOUS !!!! Vous imaginez 270 pigeons à mettre aux concours ! On les baigne aussi TOUS, une ou deux fois par semaine plus de deux à trois minutes par volatile, et ce bain-là  ( qui se donne dans de petites voilières accrochées pour l’occasion sur la face avant des pigeonniers ) est manuel avec insistance sur les pattes et les bagues (vecteur de beaucoup d’infections !) et accompagné d’un délicat massage parisien ou portugais ? Ce qu’Antonio leur donne à manger ???? Top secret ! Je ne dirai rien donc, mais pas de la petite bière, ça je peux vous l’affirmer. Le vétérinaire ? Quand il faut, mais pas trop non plus. ET, celui-là de pigeon seul dans une cage ? En quarantaine ? Que nenni ce pauvre vieux mâle s’est cassé le bec et allait mourir parce qu’il ne pouvait plus manger, qu’à cela ne tienne, Antonio lui a recoupé un peu du bec mortifère et, à présent, il s’alimente presque correctement et sera remis avec les autres dans quelques jours !

Dès la saison terminée, bien plus tôt qu’en Belgique (fin juillet), Antonio laisse ses voyageurs ensemble dans un pigeonnier, sans casier, uniquement des perchoirs. Sur le sol, des caillebotis, en fer, particulièrement aérés, pas très confortables pour les pattes des pigeons, mais qui empêchent  toute possibilité d’accouplement.   

Ses pigeons sont particulièrement drillés et rien qu’à la vue de son bâton de maréchal, ils se posent calmement en totale soumission au maître des lieux. Quelle discipline ! 

Antonio vit pour ses pigeons, une passion comme nous pouvons le comprendre, nous les colombophiles. Un regret dans cette ascension de Wonder—boy ?

Oui, peut-être, sur une nombreuse famille de 9 enfants et un papa toujours colombophile près de Porto (à plus de 80 ans, il joue toujours à pigeons), seuls deux fils sont devenus colombophiles !

Un regret encore ? La situation de son pigeonnier l’empêche de jouer les internationaux, il lui manque quelques dizaines de kilomètres. Et malgré une demande de changement de rayon interne auprès de son coreligionnaire De Sousa (alors encore président incontesté de la FCF), il n’a jamais réussi à l’obtenir, caramba !!! (Rire). Ces regrets sont insignifiants devant la chance exceptionnelle de disposer d’un colombier privatif sur son lieu de travail et à deux kilomètres de sa maison , dans un cadre paradisiaque et totalement bio.

Je fais gentiment remarquer à mes colombophiles en goguette au Parc Floral que les Portugais ne se soutiennent peut-être pas autant que la légende le véhicule alors. Ils rient tous de bon cœur et me donnent le mot de la fin : «  Quand les Portugais ne joueront plus à pigeons, les Français pourront allez jouer aux billes !!!! »  (Rire)

Marie Claire Cardinal

 

paris 1 

Un rapide qui porte bien son nom, faut dire que dans ce rapide-là il n’y a qu’un SEUL colombier ! (rire) celui d’Antonio !

paris 2 

Antonio Malheiro, le seul colombophile sur Paris (la Ville) ! Fier de son «  bon à rien », comme il le nomme, il est en tout cas «  très bon » en reproduction ce qui est aussi un fameux avantage (rire)!  

paris 3 

Le trio, Yvan Morel, Monsieur Lopes et notre hôte, Antonio Malheiro

paris 4 

Notre éducateur — colombophile en action, sur le terrain !

paris 5 

Notre HEUREUX colombophile, le SEUL sur la ville de Paris, Monsieur Antonio Malheiro du rapide du parc Floral de Paris

paris 6 

Une entrée particulièrement bien étudiée

paris 7 

Une partie de la  belle colonie d’Antonio sur caillebotis  (différents de ceux mentionnés dans l’article).