Jos et Jules Engels, Putte Renommée mondiale pour une ligne exceptionnelle de pigeons Partie 1: L’héritage de Flor Engels

Flor – en fait Florimond - Engels a entamé sa carrière comme supporter de son frère aîné Jef qui savait bien jouer avec les pigeons; dans le temps c’était surtout Quiévrain et Noyon.  Flor était le plus jeune de la famille nombreuse Engels, né en 1909.  Ce n’était qu’après la deuxième guerre mondiale (1947) que Flor est devenu lui-même colombophile.  C’était donc “une vocation tardive” mais c’était un superbe début.

Flor était de nouveau chez son frère Jef pour regarder les pigeons lorsque ce dernier lui a dit qu’il avait un bon mâle de retour dont la bague était coupée…et il demandait “s’il ne voudrait pas avoir ce pigeon”.  Flor a hésité un peu…les années de guerre venaient juste de se terminer et il devait fort travailler pour entretenir sa famille avec 5 petits enfants.  Flor était horticulteur indépendant et ça veut dire travailler 7 jours sur 7.  Mais Jef l’a convaincu avec la promesse qu’il recevait une bonne femelle et qu’il allait aider pour construire le pigeonnier.  Et voilà le début d’une des plus glorieuses histoires de la colombophilie belge.

Flor Engels and his two sons Jos and Jules

Les premiers pigeons  

Celui qui pensait que Flor Engels allait devenir un suiviste de treize à la douzaine, se trompe.  Flor a terminé sa première saison en 1947 avec 3 jeunes pigeons du couple de son frère Jef.  Et ça lui plaisait tellement qu’il a totalement pris goût.  Ces premiers pigeons auraient été des lignes de Van Alphen.  Pas le Van Alphen hollandais, mais un colombophile du même nom d’Anvers.  Flor a joué Quiévrain et Noyon et il a très vite surclassé son propre frère.  Il a très vite eu des pigeons des champions locaux qui étaient très enthousiaste pour échanger avec les diables rapides de Florimond.

Flor, entre-temps assisté par son fils Jos (°1941), en avait vite marre de la vitesse et il a misé au demi-fond.  Pour ceci on devait enloger à Malines.  Il s’est très vite avéré que les propres pigeons savaient également faire ceci, autant que cette base est toujours présente dans les lignes actuelles.   De Witte Duivin par exemple, la vraie mère de base de la colonie actuelle, remonte à la base d’après-guerre.  Mais avec de Witte Duivin on est tout d’un coup déjà dans les années 70.  Cette femelle n’était d’ailleurs pas si blanche, mais chez Engels on parle vite de leur “Witte” lorsqu’il a quelques plumes blanches.

Il n’y a pas autant d’information ou connaissance de la période de 1950 jusqu’environ 1970.  Il y a bien un demi-siècle déjà. Néanmoins Jos et Jules se rappellent bien qu’ils n’ont jamais vraiment connu une mauvaise saison.

De Zot de 70

On a déjà mentionné de Witte Duivin. Elle était un phénomène dans l’élevage.  Elle a donné plusieurs bons pigeons, dont deux joueront un rôle irremplaçable dans la composition de la ligne Engels : de Oude Zwarte et De Zot. De Zot venait de de Witte Duivin avec un male du compatriote Albert De Soete.  De Zot a volé comme un crack et il a apporté le premier grand titre pour Flor Engels et Fils : 4ème As pigeon national RFCB.  Après il est devenu un superbe éleveur, père du Oude Lichte et de plusieurs sœurs qui se sont montrés très bien dans l’élevage.  En fait on ne peut pas expliquer la base de Engels sans de Zot et ses enfants :  le 231, le 62, de Dikke Duivin etc. proviennent tous de cette ligne.  

Demi-frère du de Zot, également du de Witte Duivin était Oude Zwarte, un pigeon qui a excellé sur les vols plus courts et qui – vous vous en doutez bien – est également devenu un excellent éleveur par après.  A sa fin de carrière Flor a encore recherché une superbe femelle pour de Zwarte.  C’est devenu Het Blauw  Van Hove, 6546874-80, une propre sœur du de Jonge Bange 1 et 2 du tandem déjà fort à ce moment Van Hove-Uytterhoeven, également de Putte. Mission réussie car de ce couple ultime sort en 1981 le célèbre Witpender 6578304-81.

The ‘Witpender’

Chez Engels on s’y était déjà accoutumé, mais de Witpender a marqué le début d’une toute nouvelle époque de superbes pigeons.  De Witpender a en effet gagné 3 fois 1ier provincial, dont

1 prov. Orléans 1754 p.

1 prov. Orléans 2695 p.

Mais il y a plus car de Witpender est ensuite devenu un éleveur hors catégorie, père d’entre autres:

- Le célèbre 231, le mâle de base absolu

- De Witte, 1 nat. Bourges 9756 p. et 1 prov. Argenton 2197 p.

Ça vaut la peine d’examiner comment Flor Engels a élevé ces deux phénomènes.  On y sait surement apprendre des choses.

Consanguinité plus lointaine 

Flor Engels était très fine pour l’élevage et on peut dire qu’il a transmis un don pour élever des cracks entièrement à ses fils.  Chez Engels on ne trouve pas de consanguinité proche, surtout pas chez les voyageurs.  Ceci n’empêche pas que les bonnes lignes sont rassemblées professionnellement dans la consanguinité plus lointaine.  Regardons ci-dessous.

Les lignes des deux demi-frères, De Zot et de Oude Zwarte sont d’abord mises ensemble via un fils Zot et une fille Zwarte, ce qui donne la femelle 722-78.  Celle-ci est ensuite de nouveau accouplée avec Den Brutte, un petit-fils du Zot et plus particulièrement d’une sœur de Oude Lichte.  De cette deuxième rétrocouplage provient la femelle Grote Blauwe Brutte.

Cette Grote Blauwe, qui est principalement consanguinité de la ligne Zot est accouplée avec de Witpender, est sans aucune contradiction le meilleur fils du Oude Zwarte et à ce moment également le meilleur pigeon présent.

Et de ce cocktail des propres lignes avec du sang d’e.a. Van Hove-Uytterhoeven et De Soete, le 231 est né.

‘Den 231’

Il y a peu de pigeons qui se sont faits une telle renommée mondiale uniquement sur base de leur numéro de bague.  A ce niveau le 231 (ainsi que son fils den 178) peuvent facilement rejoindre p.ex. "de 45" Cattrysse ou le "66" de Stoces.  Il n’y a aucun colombophile dans le monde qui ne sait pas de quel pigeon tu parles quand tu prononces le nombre magique 231.

Au niveau de la valeur d’élevage on peut facilement mettre le 231 (ainsi que son fils den 178) au même niveau que le trio Wittenbuik-Bliksem-Rudy ou l’illustre Kannibaal de Dirk Van Dyck.   Il est difficile à dire quel pigeon a eu le plus grand impact sur le pigeon voyageur moderne. 

Est-ce que le 231 était un coup de chance ou le résultat de l’expertise dans l’élevage ?  Probablement tous les deux.  Obtenir un pigeon pareil équivaut gagner le grand lot au Lotto.  On peut faire tous les algorithmes possibles, on peut augmenter ses chances en faisant plusieurs combinaisons, mais c’est surtout la coïncidence qui doit t’aider un peu.

Un travail infaisable 

Il est impossible de faire un aperçu de tous les descendants supérieurs du 231.  On va alors se limiter à trois cracks :

- En 1988 Flor Engels a de nouveau accouplé le 231 vers la ligne du Zot, et bien avec une petite-fille du Zot et donc tout de suite une tante du 231 même.  Alors le 62 est né, en entier 6163562-88.

Le 62 a rassemblé un palmarès de rêve avec comme points de pic :

3 nat. Argenton 3125 p.

6 nat. Bourges 9550 p.

7 nat. Argenton 2783 p.

15 nat. La Souterraine 17343 p.

Ceci devrait déjà suffir pour nommer son père, le 231, comme superbe éleveur, il y en a qui ont obtenu ce titre pour moins.  Mais le 231 ne s’en est pas arrêté là.

- En 1990 Engels a accouplé son 231 à une femelle de son copain Willy Behets de Herent. Ceci était en fait un demi-type Engels de la ligne du Oude Lichte.  Mais on y reviendra plus tard.  Le Dikke van 90 est sorti de cet accouplement, à ne pas confuser avec de Dikke Duivin dont on racontera plus après.

Le 6237584-90 alias de Dikke 90 a obtenu un palmarès qui ne doit céder à rien à celui de son demi-frère le 62:

1 semi-nat. Châteauroux 13285 p.

10 nat.Bourges 9759 p.

4 prov. Poitiers

1 Noyon 460 p.

- A Putte Flor Engels et ses fils étaient clairement vernis avec un mâle de base pareil.  Et le meilleur était encore à venir car en 1993 Den 178 est né.  Et cette histoire vous pourrez lire dans la partie II.

C’était surtout dans la deuxième génération que les superbes gènes du 231 se sont montrés.  Des petits-enfants du 231 ont obtenu e.a.

1 nat. Bourges 10401 p.

1 prov. Châteauroux 2020 p

1 prov. Châteauroux 1275 p.

1 prov Bourges 1249 p.

1 prov. Argenton 1538 p.

1 prov. Le Mans 771 p.

1 prov. Châteauroux 1057 p.

1 prov. Orléans 12941 p.

1 nat. Argenton 3447 p.

2 nat. Bourges 18028 p.

4 nat. Argenton 3994 p. etc.

4 prov. Bourges 2181 p.

Etc.

Willy Behets

On a déjà mentionné Willy Behets, un homme qui a joué un grand rôle dans l’histoire Engels.  Willy Behets (actuellement 83 mais retiré comme colombophile depuis plusieurs années) était un “frère” du défunt Frans Rans.  Willy Behets, qui avait perdu ses parents très jeune, était repris dans la famille Rans et il y a été élevé comme un propre enfant, un vrai frère des propres enfants.  Et qui dit Rans, dit pigeons : Sans Peur, Demer en Dijle, De Brabantse Unie, Cureghem Centre ne seraient pas où ils sont aujourd’hui sans l’apport et dévouement de trois générations Rans.  Ceci à côté.  Willy Behets est évidemment également devenu colombophile, et pas un suiviste, on peut le dire.  Dans les années 70 et 80 il était une des figures dominantes dans la région sur le demi-fond.  Le vrai sommet était la victoire du 1 Nat. Bourges en 1970.  Flor Engels a naturellement remarqué le bon jeu et la victoire nationale de Willy et il a décidé de lui rendre visite afin de voir s’il pouvait s’y renforcer.  Engels a gagné cette année 4 As pigeon nat. demi-fond, donc Willy était bien intéressé d’échanger quelques pigeons.  Une amitié permanente s’est créé et beaucoup de pigeons ont été échangé ou mis en croisement avec la propre ligne.  Behets s’était fait sa ligne avec les purs Janssen Arendonk et la ligne d’Eduard (Warre) Ceulemans de Berlaar.

Behets avait une légère préférence pour la ligne du Oude Lichte et il en est bien réussi en combinaison avec sa propre ligne.  Flor Engels en a donc souvent été rechercher de ces accouplements.  En 87 il y a une fille d’une sœur de Oude Lichte qui est ainsi retourné à Putte.  Cette fille, 2398002-87, est devenue à Putte mère du Dikke Duivin 6324199-89 avec un palmarès de rêve dont 2 victoires nationales sur 2 semaines :

1 nat. La Souterraine 2053 p.

3 nat. La Souterraine 1927 p.

(= 1 nat. La Souterraine 847 femelles)

3 prov. Vierzon 900 p.

Cette Dikke Duivin est, avec un fils du 62 mentionné ci-dessus, à la base de la ligne réussie de Marieke.  Les connaisseurs vont déjà savoir dont on parle, mais on y reviendra par après.

Uniquement le meilleur 

Flor Engels et ses fils étaient devenus par les exploits du Witpender tout d’un coup des vedettes nationales.  Pas tout le monde ne possède un pigeon qui vole trois fois premier provincial.  Flor savait mieux qu’un autre que de Witpender était un produit de croisement, avec 50% du sang étranger.  Le triumvirat de Putte ont tiré leurs conclusions et ils l’ont plus jamais oublié : afin de maintenir la base à niveau, il faut de temps à temps aller chercher un pigeon de qualité et à ce moment la règle s’applique : uniquement le meilleur suffit.  Chez Gust Van Hove ils ont vraiment été chercher la crème de la crème, étant une propre sœur du Jonge Bange 1 et Jonge Bange 2, la vrai vieille sorte Havenith.

La Dikke Duivin dont on a parlé avant, a naturellement aussi un père, notamment de Zwarte qui a gagné 1 prov. Limoges.  Ce Zwarte venait d’un fils du Oude Lichte x une sœur du “020” de Gommaar Verbruggen.  On ne pouvait pas avoir mieux à ce moment chez Gommaar, ou comme on a dit: uniquement le meilleur suffit de maintenir la base à niveau.  Une sœur du Kletskop aurait naturellement également était une option mais Flor a décidé la sœur 020 d’un fils du de As x une fille du Witneus Meulemans.

De Witte

En ayant des pigeons du calibre  Witpender, Dikke 90, De 62, de Dikke Duivin on vise très haut.  A la fin on ne se contente plus avec moins qu’une place au podium.  Mais heureusement les pigeons Engels ne déçoivent presque jamais à ce niveau-là.  Quelques chiffres pour le prouver

Depuis 1990:

- 10 victoires nationales (y compris les victoires chez les femelles)

- 17 victoires nationales dans la zone

- plus que 100 victoires provinciales

- un nombre presque innombrable de places podium en grande union

On n’a pas choisi 1990 au hasard comme année de début, comme 1990 était une excellente année à Putte, pendant laquelle des limites ont été dépassés avec 3 victoires nationales : la victoire de la Dikke Duivin sur La Souterraine I, la victoire nationale chez les femelles sur La Souterraine II, et à ne pas oublier, la victoire nationale contre 9756 yearlings sur Bourges.

De Witte, un fils du Witpender et donc un demi-frère du 231, a fait cet exploit.  La mère du De Witte était une fille du Oude Lichte et une sœur du grand-père du Dikke Duivin.  Vous pouvez le constater : de nouveau on revient vers l’autre ligne du Zot.  Le palmarès du De Witte est aussi impressionnant :   

1 nat. Bourges 9756 p.

1 prov. Argenton 2197 p.

17 nat. Bourges 7788 p.

Il est devenu 5 as pigeon nat. 1/2fond RFCB dans cette même année 1990.

 

Il est clair qu’on a fait une très forte base en rejoignant à plusieurs reprises les deux lignes de base (Oude Zwarte et Zot), une base sur laquelle on continue à construire encore jusqu’à présent.  La grande force de ces pigeons Engels est le fait qu’ils savent voler sans effort dans le top trois lors des grands concours, peu importe le nombre ou le vent.  Ils sont là et de préférence plus qu’une fois.  Et ils savent toujours le faire en 2017…

 

Dans une prochaine partie nous allons continuer avec le troisième et probablement plus célèbre fils du 231 : le fameux 178.