L’eau de boisson

1- Généralités:

            Le circuit de la digestion chez le pigeon comme chez l’oiseau en général est fort réduit. S’il est compris entre 10 et 14 heures chez l’homme en bonne santé, il n’est que de quelques minutes chez le pigeon. Pourtant, les échanges entre les parois intestinales et les vaisseaux sanguins sont très complets, à tel point que plus de 99% de l'eau absorbée passe dans le sang. Le petit pourcentage résiduel apparaît sur les fientes sous forme de pellicule blanchâtre.

Le pigeon est constitué de 70% d'eau, ce qui dépasse le pourcentage chez l'homme, soit environ 65% selon l’âge et la corpulence.

L'apport d'eau maintient cet équilibre indispensable à la bonne organisation des fonctions vitales.

2- Elimination:

            L'eau contribue également à éliminer les toxines produites tant au repos que pendant l'effort. Cette fonction n'a pas seulement un côté positif puisque, outre les toxines, elle entraîne également une part des sels minéraux et autres électrolytes. Ce dernier aspect nous mène à dire qu'il est inutile, et même dangereux, de faire trop boire ou de donner des graines gorgées d'eau avant l'enlogement. Ce supplément d'eau va entraîner les éléments nutritifs dont a besoin le pigeon.

            Au contraire, l'apport de maïs, riche en hydrate de carbone et de graisses, qui plus est très digeste, constitue une bonne base avant l'effort. De nombreux amateurs respectent d'ailleurs cette logique en fournissant un pourcentage important de maïs les 2 jours qui précèdent l'enlogement.

Si l'eau ne s'élimine qu'en très petite quantité au niveau de l’uretère dans des conditions normales, nous la retrouvons par contre en grande partie le long de l'appareil respiratoire. L'échange se fait de manière accentuée lors de l'effort puisque le flux d'air y est plus important. Le pigeon élimine également de grande quantité d'eau par la peau. Ici aussi, l'échange s'accroît avec le vol.

3- Il faut boire

            Les pigeons doivent boire sans exagération avant l'enlogement (attention aux femelles qui couvent et qui "oublient" de se rendre à l'abreuvoir).

            Ils ont également besoin de boire après l'enlogement, que ce soit à 1 ou 3 jours de panier. Il est d'ailleurs primordial de placer des abreuvoirs aux paniers, que ce soit à la société, sur le lieu de lâcher, ou même en chemin lorsque le trajet est long. Par contre, il est également conseillé de ne pas abreuver à l'approche du lâcher. Nous rejoignons ici ce que nous avons dit plus haut. Les pigeons qui ne reçoivent plus d'apport via les graines risquent d'éliminer des éléments nutritifs tant nécessaires pour le vol. Une trop forte absorption d'eau aura pour effet d'éliminer une partie des sels nécessaires à l'organisme.

            Pourtant, des pigeons n'arrivent jamais à l'abreuvoir suspendu à l'extérieur du panier. Certains pigeons sont trop peureux et n'osent pas se déplacer dans les paniers. Ils se tiennent à l'arrière et attendent en fait le lâcher pour enfin quitter leur place. Cet aspect peut se révéler délicat pour ces pigeons. Le manque de boisson sur des périodes plus ou moins longues porte préjudice à l'organisme mais aussi sur la qualité du vol. De bons pigeons peuvent ainsi se révéler de piètres voiliers à la suite de ce manquement.

            Mais le problème vient principalement de l'amateur qui n'a pas éduqué ses pigeons dès leur plus jeune âge. Pourtant, la démarche est aisée. Elle consiste à acquérir un vieux panier de voyage, d'y suspendre un abreuvoir et d'y laisser les jeunes recrues durant toute une journée. Au bout de quelques jours, ils seront à même de se débrouiller quelles que soient les circonstances.

4- L'apport d'eau en vol

            Lors du vol, ce sont principalement les graisses qui fournissent l'énergie nécessaire. Celles-ci se transforment en acide carbonique et en eau. Cette eau ne compense pas les pertes accentuées par les frottements de l'air et l'afflux d'air dans l'appareil respiratoire comme nous venons de le voir. Ce déséquilibre entre l'apport et les pertes peut entraîner la déshydratation du pigeon. Fort heureusement, le pigeon peut supporter des déséquilibres plus importants que l'homme.

            Cela ne veut pas dire que le pigeon n'en sera pas affecté. Le pigeon pourrait avoir des performances moindres, pourrait être amené à s'arrêter pour boire avec tous les risques que cela comporte. Il est donc essentiel de mettre les chances de son côté d'autant qu'un concours qui paraît être une simple formalité peut se révéler délicat si pas catastrophique suite à des conditions climatiques changeantes.

Michel PHILIPPE